10/02/2013

L’ACCAPAREMENT DES TERRES

Quand les investisseurs assèchent l’Afrique ...

L’accaparement des terres désigne la vente, la location ou la cession de terres arables à grande échelle entre un État et un investisseur local ou étranger, public ou privé.
Même si le phénomène n’est pas nouveau, il a été accentué par la crise économique et la flambée des prix alimentaires en 2008 au point d’atteindre des proportions gigantesques en Afrique.

 45 millions d’hectares auraient été « achetés » en Afrique subsaharienne entre 2007 et 2011 (dont les deux-tiers seraient destinés au secteur des agro-carburants). Au Bénin par exemple, 10% des terres arables sont désormais sous contrôle d’intérêts étrangers.

Eau, sénégal, puits, agriculture, élevageAu départ, le rachat des terres cultivables s’est présenté sous le masque du contrat « gagnant-gagnant » et les pays hôtes se sont laissés séduire par les promesses de développement économique, notamment en termes de créations d’emplois et de construction d’infrastructures. Aujourd’hui, ces acquisitions sont surtout synonymes de problèmes sociaux et écologiques.

Les investisseurs internationaux de l’agrobusiness, en quête de profit, vont à contre-courant des objectifs de souveraineté alimentaire privilégiant la survie des populations rurales locales. En effet, ces grandes exploitations, qu’elles soient dédiées à la production agricole ou d’agro-carburant, entrent en concurrence directe avec les cultures vivrières, les terres cultivables étant destinées à l’exportation et non à la consommation locale. De plus, ces projets d'agriculture industrielle de grande envergure s’avèrent particulièrement gourmands en eau et ponctionnent donc les ressources des pays cibles.

Les investisseurs étrangers se reposent sur l’idée que les ressources d’eau en Afrique sont abondantes et très sous-utilisées. En fait, un Africain sur trois souffre de pénurie d’eau et le changement climatique va encore aggraver les choses.

L’accaparement des terres agricoles, situées dans de grands bassins fluviaux ou dans des zones plus arides où l’on peut puiser de l’eau dans des grands fleuves, prive des millions de personnes (agriculteurs, éleveurs, communautés rurales) de leur accès à l’eau, qui est ainsi soustraite des cycles naturels, et risque à terme d’épuiser les ressources en eau douce.

Ajoutons que l’usage intensif des produits agrochimiques détériore la qualité des eaux de ruissellement et souterraines.

La vente des terres africaines appauvrit le continent à la source.

18:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | |

Écrire un commentaire